En bref
La résidence principale profite d'un abattement de 50 % sur ses 100 premiers m², surface existante comprise : 446 € au lieu de 892 € par m² en 2026 hors Île-de-France. Quelques cas sont exonérés partout (construction de 5 m² ou moins, garage sous la maison) ; les autres exonérations (abris, PTZ) n'existent que si votre commune ou votre département les ont votées.
Mis à jour le par la rédaction. Notre méthode
Exonération ou abattement : quelle différence ?
La taxe d'aménagement se calcule ainsi : surface taxable × valeur forfaitaire au m² × taux de chaque collectivité. L'abattement réduit la valeur au m², l'exonération retire de la surface du calcul.
- Exonération de plein droit : prévue par la loi, elle s'applique partout, sans vote.
- Exonération facultative : une collectivité (commune ou intercommunalité, département, région Île-de-France) la vote par délibération, pour sa seule part.
Vous n'avez rien à demander à part : vous déclarez les éléments du projet dans les 90 jours suivant l'achèvement, et l'administration fiscale applique les règles. Gardez les justificatifs, comme l'offre de prêt à taux zéro.
L'abattement de 50 % sur les 100 premiers m²
L'article 1635 quater I du Code général des impôts (CGI) divise par deux la valeur forfaitaire des 100 premiers m² du logement et de ses annexes, quand il est une résidence principale. Arrondie à l'euro inférieur, la valeur abattue est de 446 € hors Île-de-France et de 505 € en Île-de-France en 2026 (et non 505,50 €).
- Annexes comprises : garage clos, abri, véranda, cave entrent dans les mêmes 100 m².
- Surface existante comprise : en cas d'agrandissement, même par une annexe non accolée, les m² créés s'ajoutent à ceux de la maison. L'abattement ne joue que sur ce qui reste sous 100 m².
- Jamais sur les forfaits : piscine, places de stationnement extérieures et panneaux au sol gardent leur valeur pleine.
- Le taux de 50 % est fixé par la loi ; aucune collectivité ne peut le modifier.
Exemple : une extension de 30 m² sur une maison de 90 m², à Épernay, où la commune applique 5 % et la Marne 2,5 % en 2026. Il reste 10 m² abattus, les 20 autres sont à 892 €.
| Ligne | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| 100 premiers m² du logement et de ses annexes (abattement de 50 %) | 10 m² × 446 € | 4 460 € |
| Au-delà des 100 premiers m² | 20 m² × 892 € | 17 840 € |
| Base de calcul | 22 300 € | |
| Part communale (Épernay) | 22 300 € × 5 % | 1 115 € |
| Part départementale | 22 300 € × 2,5 % | 558 € |
| Taxe d'aménagement | 1 673 € | |
| Taxe d'archéologie préventive | 22 300 € × 0,40 % | 89 € |
Calcul du simulateur, taux votés pour 2026 à Épernay : commune 5 %, Marne 2,5 %. Arrondis : base à l'euro, chaque part à l'euro le plus proche.
La même extension sur une maison de 100 m² ou plus n'a plus aucun m² abattu : 2 007 € de taxe d'aménagement au lieu de 1 673 €. Le détail par projet est sur la page extension, véranda et combles.
Qui y a droit
La résidence principale peut être celle du constructeur, du futur propriétaire ou du futur locataire : un logement construit pour être loué à l'année y a droit. Une résidence secondaire n'y a pas droit. Pour un logement construit afin d'y loger un enfant ou un parent, l'exemple du BOFiP (la doctrine de l'administration fiscale) refuse l'abattement quand le constructeur vit seul (célibataire, veuf, séparé ou divorcé) ; le cas d'un couple, ou d'un enfant majeur qui y a sa résidence principale et son propre foyer fiscal, reste à confirmer.
Les exonérations de plein droit
L'article 1635 quater D du CGI en dresse la liste. Elles valent pour toutes les parts, sauf trois cas liés à une opération d'aménagement (zone d'aménagement concerté, projet urbain partenarial, opération d'intérêt national), qui n'exonèrent que la part communale :
| Cas | Alinéa | Aussi pour l'archéologie |
|---|---|---|
| Constructions de 5 m² ou moins, sur l'ensemble de l'autorisation | 10° | Oui |
| Stationnement intégré au bâti, au-dessus ou en dessous (garage sous ou sur une partie de la maison) | 11° | Oui |
| Reconstruction à l'identique d'un bâtiment démoli depuis moins de 10 ans, ou après un sinistre | 9° | Oui |
| Aménagements prescrits par un plan de prévention des risques sur un bien construit avant le plan | 8° | Oui |
| Logements aidés financés en PLAI et leurs annexes | 2° | Oui |
| Bâtiments agricoles d'exploitation (serres de production, stockage, animaux) | 3° | Oui |
| Surfaces des centres équestres de loisir affectées aux activités équestres | 4° | Oui |
| Constructions affectées à un service public ou d'utilité publique | 1° | Oui |
| Zone d'aménagement concerté, projet urbain partenarial, opération d'intérêt national : part communale seulement | 5° à 7° | Non |
Elles ne visent pas les forfaits (piscine, places extérieures, panneaux au sol), sauf les services publics (1°) et les opérations d'aménagement : zone d'aménagement concerté, projet urbain partenarial, opération d'intérêt national (5° à 7°).
Quatre concernent couramment un particulier :
- 5 m² ou moins : la règle vise la surface taxable de toutes les constructions de l'autorisation. Un abri de 4 m² seul n'est pas taxé ; le même abri dans le permis d'une maison est taxé avec elle. À 5,01 m², tout est taxé. Voir l'abri de jardin.
- Garage sous ou sur une partie de la maison : exonéré depuis 2022. Dans le cas type de la maison neuve (120 m² et garage de 20 m²), un garage en sous-sol fait passer la taxe d'aménagement de 6 460 € à 5 122 € à Épernay. Un garage accolé de plain-pied reste taxé : voir le garage.
- Reconstruction à l'identique d'un bâtiment démoli depuis moins de dix ans, ou après un sinistre à surface égale, si l'assurance n'a pas indemnisé la taxe.
- Travaux imposés par un plan de prévention des risques sur une maison construite avant ce plan.
Les exonérations votées par les collectivités
L'article 1635 quater E du CGI liste les catégories qu'une collectivité peut exonérer :
| Catégorie | Ce que vote la collectivité |
|---|---|
| Logements sociaux (PLUS, PLS, PSLA) | De 1 à 100 % de la surface |
| Résidences principales financées par un PTZ, au-delà de 100 m² | De 1 à 50 % de la surface |
| Locaux industriels et artisanaux | De 1 à 100 % de la surface |
| Magasins et boutiques de moins de 400 m² (commerces de détail avant le 21/02/2026) | De 1 à 100 % de la surface |
| Immeubles classés ou inscrits monuments historiques | De 1 à 100 % de la surface |
| Abris et serres de jardin non professionnels (20 m² au plus depuis 2026), pigeonniers et colombiers | De 1 à 100 % de la surface |
| Maisons de santé | De 1 à 100 % de la surface |
| Constructions sur terrains dépollués ou réhabilités | De 1 à 100 % de la surface |
| Locaux transformés en habitation | De 1 à 100 % de la surface |
Chaque collectivité (commune ou intercommunalité, département, région Île-de-France) vote pour sa seule part. Ces exonérations ne jouent jamais sur la taxe d'archéologie préventive.
- Le vote fixe un pourcentage de la surface, de 1 à 100 %, pour la seule part de la collectivité qui vote.
- Le vote vise toute la catégorie, sans seuil ni secteur : une commune ne peut pas exonérer les seuls abris de moins de 10 m².
- La délibération prise avant le 1er juillet vaut à partir du 1er janvier suivant. On applique celle en vigueur l'année de délivrance de l'autorisation.
Prêt à taux zéro
Un logement de résidence principale financé par un PTZ peut être exonéré jusqu'à 50 % de sa surface au-delà des 100 premiers m², annexes et places exclues. À Épernay, la commune a voté 50 % ; la Marne n'a rien voté. Pour une maison fictive de 150 m², la part communale porte donc sur 125 m² taxables au lieu de 150 :
| Ligne | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| 100 premiers m² du logement et de ses annexes (abattement de 50 %) | 100 m² × 446 € | 44 600 € |
| Au-delà des 100 premiers m² | 50 m² × 892 € | 44 600 € |
| Base de calcul | 89 200 € | |
| Part communale (Épernay) | 66 900 € × 5 % | 3 345 € |
| Part départementale | 89 200 € × 2,5 % | 2 230 € |
| Taxe d'aménagement | 5 575 € | |
| Taxe d'archéologie préventive | 89 200 € × 0,40 % | 357 € |
Calcul du simulateur, taux votés pour 2026 à Épernay : commune 5 %, Marne 2,5 %. Arrondis : base à l'euro, chaque part à l'euro le plus proche.
Sans PTZ, la même maison paierait 6 690 € de taxe d'aménagement au lieu de 5 575 €. La part départementale et l'archéologie ne changent pas.
Abris et serres de jardin
Depuis le 1er janvier 2026, l'exonération vise les abris et serres de jardin non professionnels de 20 m² ou moins, avec ou sans déclaration préalable. Le détail et les montants sont sur la page abri de jardin.
Exonéré ne veut pas dire rien à payer
Une exonération votée ne touche que la part de la collectivité qui l'a votée, et jamais la taxe d'archéologie préventive. Un abri de 15 m² à côté d'une maison de 120 m², exonéré à 100 % par la commune et par le département, ne paie plus de taxe d'aménagement, mais encore 54 € d'archéologie si les travaux touchent le sous-sol, avec les valeurs de 2026.
Panneaux photovoltaïques : toiture ou sol
- En toiture : aucune taxe. Les panneaux ne créent pas de surface et le forfait ne vise que les panneaux au sol.
- Au sol : dispensés de formalité, donc non taxés, s'ils font moins de 3 kWc et 1,80 m de haut au plus. Sinon, il faut une déclaration préalable et la base est de 10 € par m² de panneau, sans abattement.
- Solaire thermique : jamais taxé.
Exemple fictif : 40 m² de panneaux au sol donnent une base de 400 €. Avec les taux d'Épernay, la taxe d'aménagement est de 30 €, plus 2 € d'archéologie si les supports sont ancrés dans le sol. Une éolienne de plus de 12 m paie un forfait de 3 000 € de base.
Comment savoir ce que votre commune a voté
Les exonérations votées figurent dans le fichier des délibérations de la DGFiP (jeu de données DELTA). La page des taux par commune les affiche pour chaque commune avec ses taux, et le simulateur les applique automatiquement. Vérifiez l'année : c'est celle de la délivrance de votre autorisation qui compte.
Réduire la taxe sans enfreindre la loi
- Un ouvrage dispensé de toute autorisation n'est pas taxé (abri de 5 m² ou moins hors secteur protégé, bassin de 10 m² ou moins).
- Les parties de 1,80 m de hauteur ou moins ne comptent pas : voir la surface taxable.
- Déclarez la résidence principale et la surface existante : sans elles, l'abattement est perdu.
- Construire sans autorisation ne fait pas échapper à la taxe : elle reste due, majorée de 80 %.
Exonération oubliée : obtenir un dégrèvement
Si le titre de perception ignore une exonération ou l'abattement, faites une réclamation au service indiqué sur le titre, jusqu'au 31 décembre de l'année suivant l'émission du titre. La démarche est décrite sur la page quand et comment payer.
Et ensuite
Lancez le simulateur avec votre commune : il applique l'abattement, les exonérations de plein droit et celles votées localement, puis détaille chaque part.
Questions fréquentes
Comment demander une exonération de taxe d'aménagement ?
Il n'y a pas de demande séparée. Vous indiquez les éléments utiles (résidence principale, surface existante, prêt à taux zéro, garage sous la maison) dans la déclaration faite après l'achèvement, et l'administration applique les exonérations prévues par la loi ou votées par les collectivités. Si l'une d'elles manque sur le titre, il faut faire une réclamation.
L'abattement de 50 % s'applique-t-il à une extension ?
Oui, mais seulement sur la part qui reste sous 100 m², maison existante comprise. Une extension de 30 m² sur une maison de 90 m² a 10 m² abattus et 20 m² à la valeur pleine ; sur une maison de 100 m² ou plus, aucun.
Les panneaux photovoltaïques en toiture sont-ils soumis à la taxe d'aménagement ?
Non. Posés sur le toit, ils ne créent aucune surface et ne relèvent pas du forfait, qui ne vise que les panneaux au sol. Les panneaux au sol soumis à déclaration préalable paient 10 € par m² de panneau, multipliés par les taux.
Une exonération votée par la commune supprime-t-elle toute la taxe ?
Non. La commune n'exonère que sa propre part : la part départementale et la part régionale en Île-de-France restent dues, sauf si ces collectivités ont voté la même exonération. La taxe d'archéologie préventive reste due dans tous les cas : aucune exonération votée ne la touche.
Sources officielles
Informations vérifiées le sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.
- Code général des impôts, article 1635 quater I : abattement de 50 % (Légifrance)
- Code général des impôts, article 1635 quater D : exonérations de plein droit (Légifrance)
- Code général des impôts, article 1635 quater E : exonérations facultatives votées par les collectivités (Légifrance)
- BOFiP BOI-IF-TU-10-30-20-20260826, abattements (BOFiP, DGFiP)
- BOFiP BOI-IF-TU-10-20-30-20260826, exonérations de plein droit (BOFiP, DGFiP)
- BOFiP BOI-IF-TU-10-20-40-20260826, exonérations facultatives (BOFiP, DGFiP)
- Code général des impôts, article 1635 quater J : valeurs forfaitaires des installations et aménagements (Légifrance)
- DGFiP, jeu de données DELTA « délibérations de taxe d'aménagement » (data.economie.gouv.fr), export du 03/03/2026, Licence Ouverte 2.0 (DGFiP, data.economie.gouv.fr)